Café français

C’est un geste brusque. L’Orangina frôle les quatre euros et le monsieur qui porte un tablier noir plaque l’addition sur la table. Après m’avoir fait attendre vingt minutes,
il vocifère parce qu’il veut être payé tout de suite. C’est la deuxième boisson que je commande, la première est payée. Son ton est brutal. Et je n’y peux rien, la scène se déroule au Café Français, place de la Bastille. Je suis trop jeune pour avoir été convoqué au service militaire et comme je donne sans cesse rendez-vous dans les cafés pour travailler, c’est l’ordre de trop. Je dis non, calmement, et je continue à lire Le monde. Il s’offusque, je lui réponds que je ne pars jamais sans payer et que j’ai attendu vingt minutes. Il appelle son responsable, à qui j’explique que non décidément, ce n’est pas possible. Et bien c’est comme ça monsieur. Je lui parle du service, quelle drôle d’idée. Je me mets à rêver de courtoisie japonaise, de fausse bonhommie américaine, d’accent suisse et de sourire canadien. Ces sauvageons de bistrotiers ont fait de moi un râleur. Mais j’ai payé la note. Il paraît que les garçons de café de Paris font partie du décor. Manque de bol, on ne peut pas le repeindre.

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